Depuis enfant, ce monde est extrêmement violent pour moi mais je me suis conformée en me disant que c’était « normal ».
« normal » de voir mes camarades de classe finir dans une poubelle, accrochés à un porte-manteau, tapés avec une grande règle, baffés par un instit, « normal » que des craies volent dans la classe parce que l’un d’eux a parlé pendant le cours, « normal » d’être humiliés en pleine classe, devant tout le monde, pour des notes catastrophiques…
Sauf qu’en moi, tout cela n’avait pas de sens, pas de raison d’être…
C’est ainsi qu’un mal-être est né en moi, un décalage entre ma nature profonde et le monde extérieur. Et le problème, c’était moi puisque tout était « normal » !
Faire du mal aux autres n’a jamais été dans ma nature, du moins pas volontairement, alors cette douleur que je ressentais s’est retournée contre moi…
Je pleurais beaucoup de tout ce que je voyais, ce monde peut encore me faire pleurer aujourd’hui… Rien n’a de sens mais comme beaucoup disent « c’est comme ça ». La plupart se font à ce monde et certains peuvent même s’y complaire.
Le mal-être n’a cessé de grandir en moi, j’ai essayé d’hurler, de nommer ma vérité mais on ne m’entendait pas. Sans doute parce que moi-même je ne savais pas vraiment nommer ce qui était là, ce qui me faisait tant souffrir… Je me suis renfermée…
Du coup, un mot m’a été étiqueté : « dépressive ». J’ai grandit avec cette étiquette et je l’ai joué, je me suis laissée embarquée dans cette dépression, elle m’a dévorée et la douleur intérieure a continué à me ronger…
Ne sachant pas quoi faire de cette douleur, je me suis détruite par des addictions, des situations rocambolesques et destructrices, des choix souvent pour faire plaisir aux autres et petit à petit je m’éloignais de moi, sans vraiment le voir…
J’avais des pensées suicidaires qui m’accompagnaient au quotidien parce que c’était la seule issue que je voyais et un corps qui me faisait souffrir en permanence par des petits maux.
J’ai rencontré beaucoup de psy mais je ne me sentais ni comprise, ni entendue… On était dans les années 90 et à cette époque, ça faisait mauvais genre de dire qu’on voyait un psy.
Ce n’est que vers mes 24 ans que j’ai rencontré un psychothérapeute qui m’a fait découvrir ce chemin intérieur à travers différentes pratiques et j’ai eu très peur en y allant, j’ai lutté pour ne pas voir cette noirceur en moi… Je n’ai pas compris tout de suite ce que ces séances m’apportaient mais c’était le début d’un chemin à la rencontre de moi-même.
Ce chemin a été long, souffrant même ! Mais je me suis accrochée, même si parfois j’ai pu baissé les bras et retomber dans ce qui était devenu « mes travers ».
Petit à petit, j’ai alterné entre du mieux et une souffrance profonde, toujours en regardant ce monde qui ne me parlait pas.
J’ai cherché des réponses, des gens « comme moi ». J’ai cherché à sortir de ce mal-être tant bien que mal et je n’en voyais pas le bout. J’ai même fini par me convaincre que jamais je n’y arriverais !
J’ai dû me mettre en arrêt pendant de longs mois pensant que ça m’aiderait et que mes insomnies s’apaiseraient mais c’était toujours là, en fond, au fond de moi….
Je continuais à faire des choix mauvais pour moi qui me faisaient retomber, sans cesse comme un cercle sans fin dont je ne pouvais sortir !
En 2011, ma fille est née et il y a eu un déclic, un truc qui m’a dit « je ne peux pas continuer comme ça » alors j’ai redoublé d’énergie, le peu que j’avais, pour me prendre sérieusement en main.
J’ai rencontré des accompagnants avec qui ça a fait sens, avec qui j’avais enfin des réponses à mes questions. J’ai multiplié ces aides extérieures pour me sentir mieux et malgré tout, je sentais que ce n’était pas ça qui me convenait. Et j’entendais beaucoup de leur part que « tout est à l’intérieur » sans vraiment comprendre ce que cela voulait dire car à l’intérieur de moi, c’était encore très sombre.
D’ailleurs, dans certains que mes voyages intérieurs, j’étais très souvent dans une grotte, sombre, humide et particulièrement inhospitalière. J’avais toujours peur de ce qui se vivait en moi. J’en étais venue à avoir peur de moi, de mes réactions et comportements.
Ma fille m’a aidé, de par le fait que ce qu’elle me montrait était par moment insupportable pour moi ! Je me suis vue dire et faire des choses que je regrettais systématiquement et je voyais que je créais ce que je jugeais. Cette incohérence m’a fait beaucoup souffrir et j’ai cherché comment comprendre ma fille pour finalement mieux me comprendre moi-même…
Évoluer avec elle m’a permis de revenir à ce qui faisait sens pour moi : accompagner les autres. Depuis toute petite, je voulais être dans la médecine ou le social mais j’ai été dans l’administratif pendant 14 ans !! Par défaut car je ne savais pas faire des choix pour moi et les études me semblaient interminables.
Mais en 2014, la rencontre de 2 professionnelles en peu de temps qui m’ont chacune évoqué la réflexologie m’a fait me mettre en mouvement et opter pour une formation que j’ai commencé en février 2015. Ces 2 années ensuite m’ont transformée. J’étais une autre personne, beaucoup plus en accord avec moi et j’avais fait du chemin avec mon intérieur. C’était sacrément bousculant mais tellement nécessaire pour moi !
Suite à cela, j’ai commencé à faire des choix pour moi, des choix constructifs et je me suis installée en 2017. Dans ma vie personnelle, ça a également créé des changements car nous nous sommes séparés avec le père de ma fille.
Mon année 2016 a été jonchée de choix primordiaux, difficiles : séparation et fin de ma carrière administrative mais aussi de réussite puisque je finissais ma formation de réflexologie haut la main et satisfaite d’avoir pu reprendre des études et le faire enfin pour moi.
Depuis tout cela, j’ai continué à aller à la rencontre de mon monde intérieur et à l’apprivoiser, à le comprendre, à comprendre les schémas dans lesquels j’ai pu évoluer, à observer ce monde extérieur sous un autre angle et à lâcher ma grande amie depuis tellement d’année : la souffrance.
Aujourd’hui, je continue ce chemin qui évolue au fur et à mesure des pas que je fais, de mes choix, de mes positionnements et de ce qui se vit en moi.
Il m’arrive encore d’être déstabilisée par l’extérieur, de pleurer et d’être en colère mais ça ne prend plus autant d’espace qu’avant et je suis plutôt fière du chemin que j’ai parcouru. Et je continue !
Ce chemin personnel me permet de pouvoir vous accompagner, de pouvoir vous écouter dans votre vérité, sans jugement, et de vous donner des outils pour avancer sur votre chemin le plus en douceur possible.
Cette douceur qui m’a tant manquée est aujourd’hui au cœur de ma vie et de mes accompagnements.
Fanny