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La vie ne tient qu’à un fil…

Il y a un mois, il est parti… Sans prévenir, sans même que son corps ne le prévienne plus que ça. Son cœur s’est emballé puis arrêté. La vie en lui n’était plus…
Il était mon pilier, ma référence, celui que j’acceptais tel qu’il était avec tout ce qui le composait. Tout était simple, fluide, facile avec lui. Il était toujours dans le dialogue, l’échange lors de difficultés que je rencontrais.
Il m’a transmis des valeurs que j’ai aimé et adoptées. Il était créatif, aimait travailler le bois et son perfectionnisme, poussé au bout des ongles, rendait tout ce qu’il faisait beau. C’était un passionné de beaucoup de choses et surtout de la nature, des oiseaux particulièrement. Il aimait les regarder, les photographier, les admirer dans leurs fonctionnements.
Il cuisinait des « prototypes » qui étaient toujours réussis et on se régalait de ses bons petits plats !
Depuis petite, il était mon modèle et je considère que j’ai eu une chance incroyable de l’avoir dans ma vie et qui plus est, que ce soit mon papa !

Un mois, c’est long et court à la fois… et ce n’est que le début de ce fameux processus de deuil…
Le choc est encore présent et certains jours j’ai le sentiment de ne pas réaliser. La douleur est si grande quand on perd un être qu’on a aimé si fort !
Oh bien sûr, des deuils j’en avais déjà vécu, plus jeune et souvent en lien avec la maladie donc quelque part, on « s’attendait » à ce que la personne parte, même si on ne savait pas quand. En tout cas, c’est ainsi que j’ai vécu ces deuils.
Mais là, dans son quotidien, à faire ses petites affaires comme tout à chacun, d’un coup son cœur a cessé de battre et il est tombé… malgré une prise en charge immédiate, son cœur n’est pas reparti.
On dit parfois que la vie ne tient qu’à un fil mais là, j’ai compris, je vis et je ne peux que constater que c’est une réalité…

Alors quelque part, si cette vie ne tient qu’à un fil, qu’en faisons-nous ?
C’est la question que je me suis posée, dans un retour à moi, et j’ai constaté que j’étais heureuse de ma vie, de ce que je me suis proposé. Globalement, du haut de mes 45 ans, je suis plutôt satisfaite.
Oh tout n’est pas simple, loin de là, mais ma vision de ce que je vis est plus juste pour moi et mes actions sont plus cohérentes.

Déjà, ces 4 semaines m’ont permis d’aller profond en moi, dans cette grande vulnérabilité, et de faire le point sur ce qui est acceptable pour moi et ne l’est plus, sur l’importance de certaines choses et sur le côté dérisoire de d’autres : sur quoi je veux concentrer mon énergie et qu’est-ce que je considère comme important pour moi ?
C’est « drôle » comme certains drames viennent nous chercher en profondeur pour faire le point à un moment précis de notre vie…

J’ai eu le besoin, après une semaine, de reprendre mes accompagnements, de me « remettre » dans la vie. Et j’étais sûre de pouvoir vous accompagner au mieux, malgré ce que je vivais !
Comme vous, je vis des moments douloureux, difficiles et c’est ce qui fait la richesse de mes accompagnements : je les vis, je les ressens, je les traverse et c’est une sacrée richesse pour moi déjà, et forcément dans mes accompagnements.
Lorsque je vous fais certaines propositions pour vous aider à traverser, c’est que j’ai testé, expérimenté et que ça m’a aidée. Et quelque part, vous accompagner, m’accompagne aussi

Au moment où j’écris, les fêtes de fin d’année ne sont qu’à quelques jours et je me pose des questions telles que « qui prendra les photos ce jour-là ? », lui qui adorait photographier ces moments en famille et surtout ses petits-enfants déballant les cadeaux…
Je me vois entrant dans la maison de mes parents et constater qu’il ne sera pas dans la cuisine, en tablier, à s’affairer pour nous faire un bon repas…
Je me dis que je n’entendrai plus son rire, que plus jamais nous ne débattrons sur des sujets divers, que plus jamais nous ne jouerons ensemble à un nouveau jeu de société… et tellement de moments que nous partagions !

Je me suis rappelée dernièrement, qu’il y a quelques années, j’avais ressenti le besoin d’écrire à mes parents, chacun leur lettre, juste pour leur dire comment je les voyais, ce qu’ils m’avaient apporté et combien je les aimais et… j’ai retrouvé celle que j’avais écrite à mon papa ! C’est le cœur battant que j’ai relu la lettre et j’ai été heureuse de constater que je lui ai tout dit, et qu’aujourd’hui je ne rajouterai ni n’enlèverai quoi que ce soit…

Sa vie s’est arrêtée mais la mienne continue… Peut-être que dans quelques semaines, quelques mois ou même quelques années, je m’effondrerai ! Et à ce moment-là, je traverserai ce qui sera là…

Le chemin va être long et je prendrai le temps qu’il me faut pour vivre ce processus, le plus en douceur possible pour moi… Et je continuerai de vous accompagner avec ce qui est pour moi et même dans une grande vulnérabilité car j’estime que c’est notre authenticité, en tant qu’accompagnants, qui est notre plus grand richesse !

Laissons être ce qui a besoin de se vivre, permettons-nous d’évoluer même à travers des épreuves douloureuses !

Fanny